Mise à jour de la littérature par Raffaella
Le message suivant est une gracieuseté du Dr. Raffaella Ravinetto, Département de Santé Publique, Institut de Médecine Tropicale d’Anvers, Belgique.
Ref (1) Dhakal N, Gyanwali P, Humagain B, BC R, Jha N, Sah P, et al. (2023) Assessment of quality of essential medicines in public health care facilities of Nepal : Findings of a nationwide study. PLOS Glob Public Health 3(5) : e0001841.
Ref (2) Ocan M, Nakalembe L, Otike C, Omali D, Buzibye A, Nsobya S. Pharmacopeial quality of artemether-lumefantrine anti-malarial agents in Uganda. Malar J. 2023 May 26;22(1):165
Chers amis,
Cette semaine, j’aimerais partager deux articles qui abordent la question de la qualité des médicaments dans deux contextes très différents, et qui peuvent être intéressants pour tous ceux qui travaillent dans les systèmes ou les services pharmaceutiques, et/ou qui plaident pour l’accès universel à des médicaments de qualité.
Dans le premier article, Dhakal et ses collègues présentent les résultats d’une étude qui a évalué la qualité des médicaments essentiels disponibles dans 62 établissements de santé publique dans 21 districts du Népal. En bref, les chercheurs ont constaté que seuls 13 % des établissements de santé interrogés respectaient les directives relatives au stockage des médicaments (les niveaux de température et d’humidité dépassant souvent les limites recommandées). Sur les 244 lots de médicaments essentiels génériques testés, 37 (gouttes ophtalmiques ou auriculaires de chlorhydrate de ciprofloxacine, comprimés de supplément en fer, comprimés de chlorhydrate de metformine, comprimés de métronidazole, suspension orale de paracétamol, comprimés de paracétamol et solution d’iode de povidone) se sont révélés de qualité inférieure à la norme. Les auteurs recommandent « au gouvernement du Népal d’accorder la priorité à la qualité des médicaments essentiels dans le pays ».
Dans le second article, Ochan et ses collègues présentent les résultats d’une étude transversale menée dans des points de vente de médicaments privés sélectionnés au hasard en Ouganda, afin d’évaluer la qualité des produits contenant de l’artéméther-luméfantrine (AL). Sur 74 échantillons, la prévalence globale de la qualité inférieure était de 18,9 % (même si tous les produits avaient passé l’inspection visuelle). Les auteurs indiquent que les agents de qualité inférieure à l’artéméther-luméfantrine (le traitement de première intention recommandé pour le paludisme non compliqué) sont courants et concluent que « l’agence de réglementation des médicaments doit assurer une surveillance et un suivi continus de la qualité des antipaludiques à base d’artémisinine dans l’ensemble du pays ».
Les deux études semblent confirmer qu’il est encore nécessaire de renforcer la capacité des régulateurs tout au long du cycle de vie des médicaments, de la fabrication à la surveillance post-commercialisation, afin de prévenir les risques pour la santé des utilisateurs ainsi que l’émergence de nouvelles résistances.
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées,
Raffaella